iHuman: À la recherche de l’humain disparu
Chelsea Moran Chelsea Moran
13 mars 4 min

iHuman: À la recherche de l’humain disparu

À mesure que la technologie évolue, nous renions un peu plus notre côté humain. Nous avons permis à des machines intelligentes de devenir des extensions de nous-mêmes. Avec l’abondance de données qui contrôlent largement notre quotidien et au fil de l’adaptation inconsciente du moi, avons-nous oublié comment être humain ?

L’évolution de la technologie a catalysé les notions de temps et d’efficacité. Alors que les minutes ressemblent à des secondes, nous n’avons de cesse de retenir le temps. L’expression « 24 h sur 24 » a été recyclée pour créer un style de vie où le besoin d’être constamment disponible triomphe sur l’envie d’être hors d’atteinte. De là, la question suivante se pose : qui sommes-nous, les humains, sans nos machines ? À moins que nous faisions partie de nos machines...

La technologie est le miroir de son créateur, un créateur rempli de préjugés conscients et inconscients. Alors que la diversité est régulièrement occultée, nous devons nous battre pour supprimer l’influence misogyne qui s’exerce sur les normes sociétales. Nous renonçons à notre droit à la vie privée en cédant passivement le contrôle sur ceux qui entrent dans nos foyers et que nous accueillons ainsi dans les territoires les plus intimes de nos vies. Nous acceptons l’inéluctabilité de la coexistence des humains et des machines.

D’un point de vue anthropologique, le concept de la théorie queer en tant que lentille additionnelle appliquée au cycle de vie des produits peut contribuer de manière intrinsèque au succès global des nouvelles technologies. La théorie queer peut être considérée comme un cadre ou comme un outil permettant de rejeter les attentes normatives fixées par la société et de comprendre simultanément ses modèles situationnels et contextuels acquis au fil du temps. L’application de cette perspective à une nouvelle technologie émergente, telle que l’IA, nous permettra d’être à l’avant-garde de sa gouvernance, en atténuant certaines des normes dominantes inculquées par notre culture actuelle.

Appliquer le concept de la théorie queer à une technologie peut enrichir l’équipe, le processus et le produit final. Cette initiative soulèvera de nombreuses questions : Comment conserver notre humanité avec l’ajout d’agents intelligents ? Comment un point de vue non normatif permet-il de conserver son humanité et contribue-t-il à différencier des industries aux multiples facettes, en reflétant toute la richesse des couches d’humanité ? Dans ce contexte, la théorie queer est appliquée comme un concept générique qui permet d’examiner des approches interdisciplinaires en favorisant une stratégie axée sur une solution inclusive. Ainsi, nous créons et concevons des produits qui reflètent la totalité de notre identité en tant qu’êtres humains.

Dans un monde où règne le bruit blanc, nous luttons pour maintenir un sentiment de soi. En prenant conscience de nos actions et de nos préjugés inconscients, nous pouvons commencer à créer des pratiques exemplaires qui alimentent notre écosystème d’IA, un écosystème qui incarne un état d’esprit inclusif. Si on regarde plus loin dans l’avenir, d’autres questions se posent. La notion d’inclusion dans les nouveaux produits d’IA devrait-elle être la responsabilité de tous ? Qui devrait alors être tenu responsable de l’adaptation inévitable de l’espèce humaine ? Les prochaines étapes de notre évolution seront-elles marquées par une saine relation entre l’humain et la machine ou l’un l’emportera-t-il sur l’autre ? Si nous, les humains, acceptons de vivre en symbiose avec des machines, la technologie est-elle alors considérée comme une personne ou comme une chose ?